Leçon 1, Chapitre 1
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L’olfaction du chien

Les chiens possèdent trois différents systèmes dans leur cavité nasale:

➡️ Système olfactif– des récepteurs pour une multitude de molécules odorantes. Les chiens en possèdent plus de 200 milliards, pour 6-12 millions chez l’homme. Selon des études récentes effectuées sur les chiens, nous savons maintenant que si on devrait transposer le nez du chien à notre vue, on verrait à 1600km à la ronde.

Les chiens utilisent leurs narines séparément et indépendamment l’une de l’autre: quand ils reniflent quelque chose de nouveau ou de non aversif, ils commencent par utiliser leur narine droite, puis la gauche. Durant une étude, les chercheurs ont identifié que le citron, la nourriture et les sécrétions d’une femelle engendrait l’utilisation de la narine droite puis la gauche. Quand ils sont confrontés à l’odeur de l’adrénaline ou d’un chenil de vétérinaire, les chiens reniflaient uniquement avec la narine droite. On pense que cette préférence de narine est liée à la zone du cerveau impliquée. La narine droite est connectée à l’hémisphère droit du cerveau qui est souvent associé à la peur ou des comportements agressifs alors que le gauche analyse les stimuli familiers.

➡️ Sytème trijumeau – réactions de défense. Ce système collecte les informations liées à « fuir ou se battre ». Le nerf trijumeau comporte trois noyaux sensitifs qui forment à eux seuls la colonne somato-sensitive, véhiculant les informations somatosensorielles (toucher, température, douleur).

➡️ Système vomeronasal – pour recevoir les phéromones. Aussi appelé organe de Jacobson, il se situe dans le palais du chien et permet d’analyser les phéromones. Si vous possédez un mâle, vous avez probablement déjà observé un claquement de dents, accompagné parfois de bave suite, après avoir longuement reniflé un pipi? Votre chien est tout simplement en train d’analyser les informations qui sont passée par son système vomeronasal.

🐶 Comment les chiens traitent les informations olfactives? Théorie des odeurs

Il existe principalement deux théories sur le fonctionnement du système olfactif et de l’analyse de odeurs :

1. La théorie stéréochimique par le Dr J. Amoore (1952) semble être une des théories les plus populaires. Dr Amoore a décomposé un vaste nombre de senteurs en sept catégories: camphrée, musquée, floral, mentholé, éthérée, âcre et putride. En les examinant de plus près, les odeurs primaires se différencient dans leur structure moléculaire (sphérique, en forme de disque, disque avec une queue, avec des coins, etc). Cela suggère que les zones olfactives doivent posséder des récepteurs de formes différentes. On appelle cette théorie « le principe de la clé et de la serrure ».

2. Le Dr Wright lui pense que les molécules modifient la vibration électrique naturelle des cellules olfactives. Cette modification représenterait ainsi leur signature, laquelle partirait vers le cerveau par le biais des nerfs olfactifs. Les molécules vibrant à des fréquences basses stimuleraient des récepteurs olfactifs spécifiques. Il a baptisé cette conception la « théorie de la vibration ».

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On peut observer sur cette image la route de l’inhalation (en bleu) et de l’expiration (en rouge) ainsi que le flux d’air associé à l’olfaction. Les chiens sont capables de séparer l’air quand ils respirent. A chaque inspiration, environ 88% de l’air est utilisé pour la respiration et environ 12% sert à collecter des odeurs. Il est également intéressant de noter que les chiens utilisent leur capacité cérébrale 40x plus que nous pour les odeurs.


Voici une illustration anatomique du système olfactif du chien, avec les zones concernées et leur emplacement. Lorsque le chien cherche, il renifle avec de longues inhalations. Une fois qu’il détecte une odeur familière à proximité, la respiration va s’intensifier. Les courtes respirations varient entre 5 et 12 secondes.

Il est également intéressant de noter qu’une odeur peut être gardée, analysée durant 40 secondes. Le chien va donc la garder et travailler avec cette odeur stockée.

🧠 Si on veut comparer le chien à l’humain, voici ce qui se passe : quand on voit un hamburger, on voit un tout. Certaines odeurs vont prendre le dessus sur d’autres, mais on va facilement identifier l’odeur globale comme étant celle d’un hamburger. Le chien lui va sentir chaque ingrédient du hamburger sans problème (pain, viande, fromage, ketchup, etc). Nous pouvons identifier 10’000 molécules. Le chien quant à lui est capable d’en identifier 1’000’000. Il est donc capable d’analyser les composants d’un ensemble sans problème et se concentrer sur une seule odeur comme sur plusieurs.

Vous comprenez maintenant un peu mieux pourquoi le chien est nettement plus compétent que nous en matière d’olfaction !

Dans cette vidéo, on voit clairement comment le chien renifle une odeur et les flux entrer et sortir de ses narines :


En gif animé, vous pouvez observer l’air entrer dans la cavité nasale puis arriver dans les récepteurs olfactifs :

Zoom sur les flux d’airs et fonctionnement du nez du chien :

Utilisant le même procédé que l’expérience de Gary Settles, on a ici un nez artificiel (impression 3D) de chien qui illustre l’inhalation d’air :